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December 13 Desproges! C'est la classe américaine!
Aaah, la magie d'Internet!...
En plus j'assure pas une cacahuète (ça s'écrit comme ça?
Mais... le mal est réparé!***
L'idée de cet article mûrit en moi depuis quelques jours déjà. En effet, mon père m'a parlé d'un texte de Desproges qu'il avait entendu à la radio (et pas sur Rire & Chansons, mauvaises langues de vipère vénéneuse que vous êtes) et qu'il recherchait depuis. Il fut fort étonné que je lui pose sous le nez son fameux Vivons heureux en attendant la mort qui m'appartient, mais, ô malheur, le texte tant convoité ne s'y trouve pas. Après quelques recherches googlesques il finit pourtant enfin par trouver. Il s'agissait du texte intitulé Rupture, daté du 18 juin 1986, et faisant partie des Chroniques de la haine ordinaire. Vous connaissez sûrement les humeurs dont monsieur Pierre Desproges abreuvait quotidiennement l'émission de France Inter. Consacré objet de recherche, je vous livre le texte tel quel, quitte à me faire des ennemis. Mais tant pis, j'ai la foi : j'assume!
Rupture.
Je viens de rompre avec Dieu.
Je ne l'aime plus.
En amour on est toujours deux. Un qui s'emmerde et un qui est malheureux. Depuis quelque temps, Dieu me semblait malheureux.
Alors j'ai rompu.
Et puis je m'entendais mal avec sa famille. Je trouvais que le fils, surtout, avait mauvais genre. Je ne pense pas être bégueule mais ce côté m'as-tu-vu-sur-ma-croix-dans-mes-nouveaux-Pampers j'ai toujours pensé que cela avait desservi le prestige de l'Eglise. Et contribué, pour une large part, à l'abandon de l'habit sacerdotal traditionnel au profit de la soutane rase-bonbons chez les prêtres intégristes bisexuel.
J'ai posté hier soir ma lettre de rupture.
Et en feuilletant les quelques textes imprimés par erreur (eh oui, mon paternel ne s'en sort pas encore parfaitement avec les nouvelles technologies : croyant n'imprimer qu'une page, tout le site est venu), ej suis tombé sur celui-ci, daté du 10 mars 1986 (ceux qui ont déjà trouvé le titre sont vraiment très forts. Félicitations à eux aussi) : L'humanité. Une fois lu, puis relu, je me suis dit qu'il fallait qu'il figure sur le présent espace. Et si ça ne plante pas, il le sera d'ici quelques petites minutes! Je vous le livre.
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*même pas pour le 19!** Mais chhhhhut... ^^
** Private joke. Vous pouvez pas comprendre.
*** Ceux qui ont vu ici une référence à un dessin animé sont très forts. Félicitations. November 27 Histoires à dormir sans vous Je suis actuellement en train de lire Histoires à dormir sans vous, de Jacques Sternberg. Je ne connaissais pas cet auteur, je l'ai découvert totalement par hasard dans une brocante de livres et, voyez-vous, je ne suis pas déçu!
Pour la peine je vous fais par d'une des petites nouvelles de ce recueil...
L'approche
- Vous m'aimez donc vraiment? lui demanda-t-il.
Elle hésita avant de répondre.
Elle se maria avec un autre, eut un enfant, se lassa, divorça. Ensuite, elle se tourna vers lui.
- Oui, répondit-elle, pourquoi?
Et comme elle est vraiment courte, je vous en offre une autre. Je suis d'humeur généreuse, ce soir^^
L'absence
Il y avait trois ans que la femme toujours aimée lui avait été enlevée par la mort. Il ne s'en remettait pas. D'autant plus amer que sa situation matérielle n'avait jamais été aussi florissante.
Il en arriva à larguer peu à peu, mais implacablement, toute envie de vivre et décida d'en finir en se jetant par la fenêtre de son appartement grand standing. Sans doute aurait-il choisi un autre moyen de suicide s'il n'avait pas habité si haut : 42ème étage d'une élégante tour de verre et d'acier.
Il était 8 heures du matin quand il plongea dans le vide après avoir enjambé son balcon.
C'est en passant devant une vaste baie vitrée du 30ème étage qu'il capta la vision magique d'une fragile et tendre blonde qui s'habillait pour aller au bureau. Et il sentit, en flash, la silencieuse explosion d'une fulgurante certitude : celle d'avoir croisé l'autre femme de sa vie.
D'où le problème lorsqu'on se suicide par défenestration. Arrivé au quatrième ou au troisième étage, généralement on n'a plus envie de mourir ; mais on mourra tout de même. C'est pourquoi je préfèrerai quelque chose de plus rapide, de plus violent. Mais la question n'est pas là. Au quatrième de couverture on peut lire ceci : "Sternberg, singulièrement, plus il écrit bref, plus il en dit long." Les femmes sont le sujet de prédilection de cet ouvrage, à l'encontre de ceux plus volontiers traités par l'auteur, et "apparaissent ici en pleine gloire". La citation mise en exergue au début du livre illustre bien sa tonalité :
"Si je préfère les femmes aux hommes, c'est parce qu'elles ont sur eux l'avantage d'être plus déséquilibrées, donc plus compliquées, plus perspicaces et plus cyniques, sans compter cette supériorité mystérieuse que confère un esclavage millénaire."
E.M. Cioran, Aveux et anathèmes, 1987
Pour vous offrir le dessert, je vous livre la plus courte des 80 nouvelles du recueil :
La courtoisie
Elle avait reçu une excellente éducation et le savoir-vivre lui était naturel.
Quand, lasse de tout, elle se jeta dans le vide du haut du septième étage, elle eut le tact de refermer la fenêtre derrière elle pour ne pas faire de courant d'air dans la pièce où son mari lisait son journal.
copyright Jacques Sternberg - Histoires à dormir sans vous ; Denoël, 1990. November 08 Un peu d'Os à MoelleMODELE DE LETTRE A ECRIRE POUR NE RIEN DIRE.
Monsieur (ou) Madame,
Je me fais un devoir de vous écrire ces quelques mots qui, je l'espère, vous trouveront de même. Je souhaite que votre état de santé corresponde au désir que vous devez certainement avoir de le voir se maintenir de façon satisfaisante, et puis vous informer que, de mon côté, c'est identique.
La situation est inchangée depuis les changements dont je n'ai pas cru devoir vous informer, étant donné que ça n'aurait pas changé grand-chose à l'état de nos relations qui, j'en ai la ferme conviction, continueront à rester aussi communicatives que par le passé.
J'espère également que votre rhume des foins n'aura été qu'un feu de paille et que vos enfants sont plus que jamais dans la tradition familiale qui est de mise en vigueur depuis qu'elle existe.
Rien d'autre de bien intéressant à vous communiquer pour l'instant.
Dans l'espoir de vos nouvelles, je vous prie de me croire votre toujours dévoué,
(signature)
PS : Je n'ai rien d'autre à ajouter à ce qui précède.
Connaissez-vous l'Os à Moelle? Ce merveilleux journal, fondé le vendredi 13 mai 1938 par un certain Pierre Dac, qualifié d' "organe officiel des Loufoques", reste une aventure unique dans l'histoire de la presse!
Journal, donc information, mais à la sauce de l'équipe de Pierre Dac cela prend une tournure totalement originale^^ Le non-sens côtoie l'absurde dans un joyeux méli-mélo, et c'est aussi divertissant de lire quelques annonces de L'Os à Moelle que quelques Brèves de Comptoir;-)
Pendant ce temps, les transports parisiens sont encore en grève... Tant pis, j'irai à pied!*
* (lolllll Elle est bien bonne, celle-là!) October 15 Repos dominical... Et un repos bien mérité, un!
Bonjour, au fait! Comment allez-vous? Je sais, il y a longtemps que je n'ai rien écrit ici. Mais bon vous devez savoir ce que c'est : pas de temps, pas d'inspiration, pas d'envie... Et puis j'ai été assez pris la semaine dernière, il faut dire^^. Mais bon, c'est fait : mon rapport de stage est ter-mi-né! Et relié, et rendu, et tout et tout. Allez, tous ensemble : un grand OUF! de soulagement!
Ce week-end, toutes les manifestations ont lieu en même temps, ce n'est pas drôle. En réalité, il n'y a "que" la Fête de la Science et Lire en fête, mais tous les évènements qui sont engendrés se concentrent sur le même week-end. On a déjà un petit travail à faire, sur le Salon de la Revue, aux Blancs-Manteaux. Je n'avais pas vraiment la motivation pour y aller, mais il a bien fallu la trouver! (Mais où est-ce que je l'ai mise, je n'arrive pas à retomber dessus?!?...)
En revanche, ce week-end une brocante de livres a été organisée à côté de chez moi. J'y suis allé sans trop d'a priori, et en fait je suis reparti avec 23 bouquins, et 23€ en moins dans mon porte-monnaie... (le calcul semble vite fait, mais tous n'étaient pas à 1€) Le fait qu'elle fût organisée au profit d'Amnesty International m'a permis de moins culpabiliser, il faut dire (prétexte en bois). Quelques exemplaires valaient vraiment le coup! A titre d'exemple : un Guide du bibliothécaire qui a plus de cinquante ans, une édition des Métamorphoses d'Ovide reliée cuir du début du siècle dernier, une Histoire de Paris magnifique mais un peu trop piquée, et j'en passe... Je suis reparti avec le Goncourt de l'année dernière (à un prix défiant toute concurrence^^), plusieurs poches, et je compte découvrir quelques auteurs.
Très bon après-midi, somme toute!
Voilà, la partie "Livres" est terminée, je passe à un autre sujet^^ September 18 Torta et Cardona sont de retour! C'est encore moi!^^
Quoi, on me voit souvent par ici, en ce moment? C'est chez moi, non?
Toujours est-il que j'ai appris une nouvelle insulte, récemment!^^ "Ramène ta face de Jedi tout pourri"! HAHAHAhahahahh... Hum. Bon. Ok, je vous l'accorde, hors contexte, comme ça c'est pas terrible. Connaissez-vous les talentueux auteurs Florence Torta et Philippe Cardona? Non? Si je vous dis "Sentaï School", ça vous ring a bell? Non plus? Oh. Bon. Alors pour votre culture personnelle, sachez que Torta et Cardona sont les auteurs de la fameuse bande dessinée "Serge, le hamster de l'Enfer". Quoi? Vous connaissez pas non plus? Mais d'où venez-vous, m'enfin?
Je vous résume sommairement l'histoire, mais c'est bien parce que c'est vous!
Axel, un jeune garçon d'une dizaine d'années, lunettes à la Harry Potter (un t ou deux, à "Potter"? j'ai un doute), souhaite invoquer un démon assez puissant pour pouvoir terrasser le gros Dom, qui le bastonne joyeuse et régulièrement à l'école. Son invocation réussit! Mais en lieu et place du terrifiant démon qu'il attendait, se trouve un petit hamster au regard mort et aux muscles flasques ressemblant plus à une chaussette qu'à un hamster. Mais Serge est plus qu'un simple hamster... Il crache des flammes et a même réussi à impressionner Mucus, le féroce chien du voisin! Seulement, Serge est un démon et n'en fait qu'à sa tête.
Avec leur style bien particulier qu'on leur connaît sur Sentaï School (si, je vous assure, ils sont connus!), ils nous livrent sous forme de bande dessinée cartonnée les affres d'un jeune garçon timide aux prises avec un dangereux (enfin, quand on l'embête) démon venu droit des Enfers (je reprends pour le cas où vous ne m'auriez pas suivi compètement...^^). Nous assistons à une ribambelle de gags, da gaffes et de bourdes en tout genre, et malgré sa potentielle dangerosité on s'attache vite à cette "face de chaussette" qu'est Serge.
C'est à mourir de rire, et l'album est très beau! Florence a effectué un superbe travail sur les couleurs
Je mets un post dans ma liste de livres, et vous livre (hahaha) ici les références exactes (au cas où vous seriez tenté).
Alors voici :
Serge le hamster de l'Enfer, par Philippe Cardona et Florence Torta
(T.1 : Hamsterminator)
Editions Carabas, dans la collection Crocrodile (non, il n'y a pas de faute). April 14 Jostein GaarderA brûle-pourpoint, comme ça, qui connaît Jostein Gaarder? Si je vous dit Le monde de Sophie, vous le remettez? Eh bien voilà, c'est lui. D'aucun diront que Le monde de Sophie est de la philosophie de bas étage, de la philosophie de cuisine,qu'il y a un réel parti-pris dans ces idées jetées sur du papier... Eh bien peut-être. Mais il n'empêche que j'ai vraiment adoré ce roman. Lui, et tous les autres d'ailleurs. Cette façon d'écrire des histoires à tiroirs, ces histoires dans les histoires des histoires... Je reste bouche bée et admiratif, sans doute car je n'ai jamais réussi à en faire autant. Et je trouve ceci de particulier chez lui également : il ne donne pas de réponses. C'est ce que j'aime aussi chez lui ; car si j'abhore les réponses en général, en revanche j'apprécie énormément les questions qu'il pose... Ses ouvrages m'ont marqué, et je m'en veux d'avoir prêté Le monde de Sophie, car bien évidemment je ne l'ai jamais revu...
Ici quelques citations, principalement tirées du Mystère de la patience.
(...) Lorsqu'on a compris qu'il y a quelque chose que l'on ne comprend pas, on est en bonne voie pour comprendre au fond pas mal de choses.
C'est triste que les hommes finissent par trouver tout naturel d'être en vie. Un jour, nous perdons cette faculté de nous étonner et la retrouvons juste quand nous sommes sur le point de quitter ce monde.
Il n'est rien d'ordinaire dans le monde. Parce que tout ce qui existe fait partie de la grande énigme. Toi et moi aussi. Nous sommes l'énigme que nul ne peut résoudre. April 13 Neil Gaiman et Terry Pratchett Connaissez-vous Neil Gaiman et Terry Pratchett? Si vous venez sur cet espace c'est que vous me connaissez un tantinet soit peu, donc vous avez déjà au moins entendu parler de ces deux auteurs hors du commun.
Terry Pratchett est considéré comme le plus grand auteur actuel de fantasy, rien que ça. Son credo : l'humour. si vous n'en avez jamais entendu parler, je vous recommande vivement "Les Annales du Disque-Monde". Créateur du Bagae, du l'impayable Rincevent, mage presque incompétent, et bien sûr de La Mort ; également auteur du Grand livre des Gnomes et des Aventures de Johnny Maxwell, sa bibliographie est plus que conséquente, et même plus connue que sa biographie.
Neil Gaiman, lui, est un artiste aux mutiples facettes : scénariste de bandes dessinées (The Sandman), auteur d'ouvrages pour la jeunesse, de plusieurs romans graphiques, et co-créateur du concept de l'album The Last temptation, d'Alice Cooper... Egalement considéré comme un des meilleurs écrivains de la nouvelle vague du fantastique anglo-saxon, citons parmi ses oeuvres Stardust, Neverwhere, un recueil de nouvelles intitulé Miroirs & fumée, le récent American Gods, et bien sûr n'oublions pas sa fameuse collaboration avec Terry Pratchett sur De bons présages.
Neil Gaiman :
La convivialité chez un garde du corps est à peu près aussi utile que la capacité à régurgiter des homards entiers. Il a l'air dangereux.
un murmure d'admiration monta alors, tandis que Varney faisait subir à ruiship quelque chose de plutôt rapide et douloureux, une action qui mettait en oeuvre la rencontre soudaine du genou bardé de cuir de Varney et des testicules de Ruiship.
Ce n'est pas la chute, qui me fait peur, [se dit-il]. Ce qui me fait peur, c'est la partie où on arrête de tomber et qu'on commence à être mort.
(...) [l'ange] Islington ne répondit pas, mais il sourit, comme un chat qui, non seulement a bu son lait et dévoré la canari, mais s'est également repu du poulet que vous gardiez pour le repas, et de la crème brûlée qui devait servir de dessert.
"Je me dilate la rate, j'en ai mal aux côtes et je suis dans l'incapacité totale de contenir mon hilarité, monsieur le comte." (le bouffon du comte, froid comme de la glace)
Richard avait constaté que les ennuis sont des pleutres : ils n'arrivent pas isolément, ils chassent en meute et lancent des assauts groupés.
Terry Pratchett :
On a prétendu que vingt-quatre heures et deux repas chauds étaient tout ce qui séparait la civilisation de la barbarie. (Apocalypse - 2 heures)
Tout n'était que noirceur, désespoir et épouvante. Il n'y avait aucune lueur au bout du tunnel - ou, s'il y en avait une, c'étaient les phares d'un train qui arrivait.
Parfois, on regarde l'univers, on se dit : "Et moi, alors?", et on entend l'univers qui réplique : "Ben, et toi alors?".
La différence entre la solution de difficulté et la solution de facilité, c'est que celle de difficulté marche.
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