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    December 14

    Indignation

         J'en parle tellement peu que je me suis vu dans l'obligation de me créer une rubrique "Cinéma"! Mais je ne peux contenir ce cri qui sourd en moi...
    L'objet dont je veux vous entretenir n'est pas si récent que ça (il y a deux ans qu'il est sorti, si je ne m'abuse), mais je viens tout juste de le visionner. Je veux vous parler d'un monument cinématographique : Garfield, le film.
     
    Rien que le titre, déjà ça fait peur.
     
         Je suis un grand admirateur de Garfield, mais plutôt des strips originaux de Jim Davis que de ses produits dérivés. Adulateur de chat de profession, je trouve que Garfield en est une caricature (quoique pas toujours, il faut dire) très bien brossée. Cynique, ventru, fainéant comme (un chat?) pas deux, gourmand, sournois, exécrant les chiens, câlin quand il le veut, exploiteur patenté de la personne chez qui il vit (un certain Jon Arbuckle, en l'occurrence) et j'en passe, bref : tout ce que j'aime chez un chat! (excepté la démarche féline, qui lui fait souvent défaut). Ses traits d'esprits me font rire aux éclats, les situations que tout possesseur de chat aura reconnu sont très bien mises en scène et les aléas rencontrés à longueur de journée par la gent féline ne nous ont jamais paru aussi familiers...
     
    Cette introduction était nécessaire pour que vous, ami lecteur, compreniez mon courroux.
     
         Lorsque la nouvelle d'un film à l'effigie de mon animal favori s'est profilé à l'horizon, j'ai immédiatement émis des réserves (je me méfie des adaptations de bandes dessinées, a fortiori si je les aime bien à l'origine) mais n'étais pas contre le principe de voir ce que cela pourrait donner.
     Puis j'ai appris que le personnage avait été complètement dénaturé, et ça m'a fichu un choc. Mais bon, l'animation n'avait pas l'air trop moche, l'acteur qui incarne Jon est vraiment bien choisi, et bien sûr Liz se voit interprétée par une fort jolie actrice (attention : je n'ai pas dit qu'elle avait du talent!). Au final, cette adaptation était destinée aux enfants et, excusez-moi, mais je ne pense pas que Garfield soit accessible aux enfants. De par sa subtilité (si, il y en a) et la méchanceté dont fait preuve le personnage principal (le chat), il faut à mon avis attendre de grandir un peu pour apprécier pleinement notre animal à poil roux de quinze kilos.
         J'ai eu l'occasion de voir ce film suite à un concours de circonstances. Tout bête, en plus. C'est juste que je ne savais pas quoi regarder. J'ai donc décidé (sur un coup de tête, je sais pas je devais être bourré) de me procurer cette oeuvre cinématographique incontournable qu'est Garfield : le film, afin de me rendre compte par moi-même du degré d'affliction auquel je pouvais me laisser aller.
     
    Eh ben j'ai pas été déçu côté affliction.
     
    1. Il commence comme n'importe quelle comédie américaine de base, genre il fait beau, la caméra descend sur une baraque de résidence pavillonnaire comme on ne trouve que là-bas (et on te fait croire qu'elle est habitée par un smicard), il fait beau les oiseaux chante et le générique n'est pas terminé. Ici rien à redire : travail soigné.
    2. Jon Arbuckle est indéniablement Jon Arbuckle. Le faciès, la physionomie entière de cet acteur est sensationnellement bien adaptée à la personnalité de Jon. Bravo pour le casting.
    3. Garfield est une boule de poil orange en images de synthèse, assez bien réussie il faut avouer. (J'ouvre une parenthèse à ce propos. Soit ils n'ont pas cherché à innover, ou n'ont pas voulu payer les animateurs trop chers, soit en deux ans les technologies en matière d'images de synthèse ont considérablement évolué!).
    4. Odie est un chien. Et c'est dommage.
    5. Nermal est un chat. C'est dommage aussi.
    6. Et Jennifer L. Hewitt (la fille du réalisateur? soupçon à approfondir...) joue admirablement bien la vétérinaire au sourire bright. Je lui trouve même un air de blonde attitude qui ne correspond pas du tout au personnage de Liz.
     
         Garfield est le premier personnage que l'on voit, avec Jon. Jusque-là pas de surprise : Garfield en animation c'est obligé, et Jon joue très bien : on n'a même pas l'impression (enfin pas trop) qu'il parle à du vide. (certaines mauvaises langue diront qu'il a le même jeu avec la vétérinaire, et elles n'auront certainement pas tort). Et puis on se rend compe, au fur et à mesure de l'avancée du film, que l'animation comporte quelques bugs. J'entends par là que l'image a été incrustée sans prendre énormément soin de l'environnement dans lequel le personnage est censé évolué. Cela reste du boulot, je le reconnais. Mais je m'attendais à mieux, même dans un film pour les chiards. (j'ai peut-être trop vu de Pixar?)
    Et, soudain, Odie entre en scène. Je ne l'avais pas reconnu! Autre erreur : Pourquoi Garfield est-il le seul personnage animé du film? Tout ça parce que le film en question porte son nom? Quoi qu'il en soit, je trouve que cela dénote beaucoup trop.
    Un autre aspect horripilant : Garfield n'est pas si méchant que ça, au final (ce qui montre bien que la BD n'est pas pour les enfants, CQFD). Et Odie, même s'il paraît bien sot, ne l'est pas tant qu'il devrait être. Ne parlons même pas de Nermal, qui ne sert absolument à rien. (et puis pourquoi un siamois, d'abord? Nermal n'a rien d'un siamois, à part sa "personnalité", enfin sa "félinité").
    Passons maintenant au crible les acteurs du genre humain. Le monsieur pas-assez-connu-pour-que-je-retienne-son-nom qui joue Jon joue très bien. C'est un fait. L'ennui, c'est que son personnage n'est PAS Jon. Pas assez niais, pas assez maladroit, pas assez loser. Et Liz! Mais ce n'est pas Liz! Le personnage de la BD est froid, regarde Jon comme s'il était une chaussette dont la date limite de fraîcheur était largement dépassée, ne sourit pas, ne s'habille pas pour se mettre en valeur et ne cherche pas le moins du monde à être désirable. Or le personnage incarné par Jennifer L. Hewitt fait tout le contraire. Elle s'avère même entreprenante! C'est pour dire. Elle a rien compris au délire.
     
    Le comique des strips est également généré par les nombreuses ellipses. En trois ou sept cases, il n'y a matériellement pas la place pour insérer un plan-séquence qui permettrait de montrer une action dans son ensemble. Au début du film nous voyons Garfield éteindre le réveil (doucement!!! sans l'écraser d'un coup de poing! hérésie...) s'étirer, sauter à bas de son lit pour sauter sur celui de Jon (deux actions qui demandent de l'effort!!!), ne pas parvenir à le réveiller, redescendre du lit de Jon, traverser la chambre, sauter sur un meuble, sur un autre meuble plus haut, pour enfin bondir et aterrir sur le ventre de Jon. Tout ça! C'est la première scène avec personnages et je suis déjà épuisé. Pas tant que Garfield, me direz-vous : il ne s'arrête pas! Il passe son temps à courir, sauter, danser, aller d'un point à un autre... Pire : il s'acoquine avec un chien. Il va même jusqu'à déplacer des montagnes pour chercher à le sauver des griffes du méchant! AAAAAArrrghhh!!!!!!!!
    Les dialogues ne sont pas fins non plus. Je veux bien que ce soit pour des mômes mais quand même!!! Garfield a heureusement quelques bonnes répliques (il n'aurait plus manqué que ça!)... Mais globalement, il n'y a que lui qui parle! Le problème? Il n'y en aurait pas eu si Garfield avait été Garfield. Mais ce Garfield-ci est assez horripilant. Les dialogues des acteurs humains sont vides (qui a dit "et y'a pas que les dialogues!"?), et l'intrigue n'a d'autre utilité que d'aligner des images insipides les unes derrière les autres.
    Le pire de tout, je crois, sont les chansons. Garfield est triste (!) d'avoir été détrôné par un chien (on le serait à moins, me direz-vous) et d'être par conséquent obligé de dormir dehors. Odie, compatissant, cherche à le consoler, mais Garfield joue les romantiques (au sens littéraire du terme) et préfère rester seul et dormir sur le paillasson. En outre, Jon préfère Odie à Garfield dans un premier temps (bon, on le comprend, pour les beaux yeux de Liz...) et délaisse ce dernier. Mais il en est hors de question! Surtout que, dans mon souvenir, je n'ai jamais vu Odie chez la vétérinaire...
     
     En conclusion, je dirais que le mot qui me vient le plus rapidement est inepte. Le second, presque ex aequo : insipide. Ca manque de sel et on reste sur sa faim, pour filer la métaphore culinaire.
     
     
    Pour ne pas finir en ne disant que du mal de cette oeuvre (au sens d'ouvrage) cinématographique, je vous conseille une chose : regardez-le en québécois. C'est ce qui m'a aidé à tenir. Rien que l'accent est suffisamment poilant pour ne pas décrocher!
     
     
    Question ouverte à tous ceux qui voudraient y répondre : si ce film a été fait pour ne pas froisser les enfants quant aux relations chat-chien, pourquoi ne pas avoir adapté Snoopy? Il n'y a pas de chat dans Snoopy, il n'y a qu'un oiseau, et en plus on comprend rien quand il communique.
     
         Honte au réalisateur. Vous avez dénaturé le personnage de Garfield plus qu'il n'était permis, et c'est avec un sentiment mitigé que je replonge le nez dans mes volumes reliés : comment vous, monsieur Davis, avez-vous pu laisser faire ça? On vous a menacé? Avec une arme à feu? On a enlevé votre famille? On a torturé vos gosses? Ou, pire, vous en avez eu un? A moins qu'on ne vous ait payé très cher... Toujours est-il que vous avez baissé de quelques degrés dans mon estime. Mais rassurez-vous : je suis un être affable, je vous pardonne. L'appât du gain, je me doute de ce que cela doit être, et même un artiste peut être corrompu.
     
     
    PS : J'attendrai avant de visionner Garfield 2 : A tail of two kitties...
    December 13

    Desproges!

     
     
       C'est la classe américaine! Je reçois des commentaires de personnes que je connais même pô!
    Aaah, la magie d'Internet!...
     
       En plus j'assure pas une cacahuète (ça s'écrit comme ça?), il est déjà décembre, Noël approche, j'ai pas fait mes courses*, mon studio est en bordel, j'ai pas demandé à venir au monde et, pire que tout : il y a tellement longtemps que je n'ai rien écrit sur ces pages!!!!!!!!
    Mais... le mal est réparé!***
     
    L'idée de cet article mûrit en moi depuis quelques jours déjà. En effet, mon père m'a parlé d'un texte de Desproges qu'il avait entendu à la radio (et pas sur Rire & Chansons, mauvaises langues de vipère vénéneuse que vous êtes) et qu'il recherchait depuis. Il fut fort étonné que je lui pose sous le nez son fameux Vivons heureux en attendant la mort qui m'appartient, mais, ô malheur, le texte tant convoité ne s'y trouve pas. Après quelques recherches googlesques il finit pourtant enfin par trouver. Il s'agissait du texte intitulé Rupture, daté du 18 juin 1986, et faisant partie des Chroniques de la haine ordinaire. Vous connaissez sûrement les humeurs dont monsieur Pierre Desproges abreuvait quotidiennement l'émission de France Inter. Consacré objet de recherche, je vous livre le texte tel quel, quitte à me faire des ennemis. Mais tant pis, j'ai la foi : j'assume!
     
    Rupture.
     
      Je viens de rompre avec Dieu.
      Je ne l'aime plus.
      En amour on est toujours deux. Un qui s'emmerde et un qui est malheureux. Depuis quelque temps, Dieu me semblait malheureux.
      Alors j'ai rompu.
      Et puis je m'entendais mal avec sa famille. Je trouvais que le fils, surtout, avait mauvais genre. Je ne pense pas être bégueule mais ce côté m'as-tu-vu-sur-ma-croix-dans-mes-nouveaux-Pampers j'ai toujours pensé que cela avait desservi le prestige de l'Eglise. Et contribué, pour une large part, à l'abandon de l'habit sacerdotal traditionnel au profit de la soutane rase-bonbons chez les prêtres intégristes bisexuel.
      J'ai posté hier soir ma lettre de rupture.
    Cher Dieu,
    Ne m'attends pas dimanche. Je ne viendrai pas. Je ne viendrai plus jamais le dimanche. Ni les autres jours, ni les autres nuits.
    Dieu, mon grand, mon très grand, mon très haut, je ne t'aime plus.
    J'ai tous les torts. depuis le début de notre liaison je t'ai trompé cent fois en cent lieux de bassesses peuplés de salopes en cuir et d'intorchables marins rouges qui me collaient à leur sueur en salissant ton nom.
    Pourtant je t'ai aimé. dès les premier jour.
    Mais aujourd'hui, mon Dieu, je ne t'aime plus. Je t'en prie, oublie-moi. Je suis un grain de sable, et d'autres hommes t'aimeront que tu sauras aimer aux quatre coins du monde, de Beyrouth à Moscou et de Gdansk à Santiago.
    Ah! Dieu! Pardonne-moi mes offenses, mais laisse-moi succomber à la tentation, donne-moi aujourd'hui mon péché quotidien et délivre-moi du bien.
    Ainsi soit-il.
    Veuillez croire, moi pas.
    Pierre.
     
     
    Et en feuilletant les quelques textes imprimés par erreur (eh oui, mon paternel ne s'en sort pas encore parfaitement avec les nouvelles technologies : croyant n'imprimer qu'une page, tout le site est venu), ej suis tombé sur celui-ci, daté du 10 mars 1986 (ceux qui ont déjà trouvé le titre sont vraiment très forts. Félicitations à eux aussi) : L'humanité. Une fois lu, puis relu, je me suis dit qu'il fallait qu'il figure sur le présent espace. Et si ça ne plante pas, il le sera d'ici quelques petites minutes! Je vous le livre.
     
    J'aime beaucoup l'humanité.
    Je ne parle pas du bulletin de l'amicale de la lutte finale et des casquettes Ricard réunies.
    Je veux dire le genre humain.
    A bien y réfléchir, on peut diviser l'humanité en quatre grandes catégories.
    1. Les amis se comptent sur le doigt d'une main. La caractéristique principale d'un ami est sa capacité à vous décevoir. Certes, on peut être légèrement déçu par la gauche ou par les performances de l'AS Saint-Etienne, mais la déception profonde, la vraie, celle qui peut vous faire oublier le goût des grands Saint-Emilion, ne peut venir que d'un véritable ami.
    2. Les amis se comptent sur les doigts de la déesse Vishnou qui pouvait faire la vaisselle en applaudissant le crépuscule. Il règne entre les bons copains une complicité de tireurs de sonnettes qu'entretient parfois l'expérience du frisson.
    3. Les relations se comptent sur les doigts des choeurs de l'Armée Rouge. quand on n'a pas de glaïeuls, certaines relations peuvent faire très joli dans les soirées mondaines, à condition qu'elles soient célèbres ou stigmatisées de la Légion d'Honneur.
    4. Les gens qu'on connaît pas, les doigts nous manquent pour les compter. D'ailleurs, ils ne comptent pas. Il peut bien s'en massacrer, s'en engloutir, s'en génocider des mille et des cents chaque jour, il peut bien s'en tronçonner des wagons entiers, les gens qu'on connaît pas, on s'en fout.
    Le jour du récent tremblement de terre de Mexico, le gamn de mon charcutier s'est coupé un auriculaire en jouant avec la machine à jambon. quand cet estimable commerçant évoque aujourd'hui cette date, que croyez-vous qu'il lui en reste? Etait-ce le jour de la mort de milliers d'inconnus? Ou bien était-ce le jour du petit doigt?
     
    _________________________________________
     
    *même pas pour le 19!** Mais chhhhhut... ^^
     
    ** Private joke. Vous pouvez pas comprendre.
     
    *** Ceux qui ont vu ici une référence à un dessin animé sont très forts. Félicitations.
    November 27

    Histoires à dormir sans vous

     
     
       Je suis actuellement en train de lire Histoires à dormir sans vous, de Jacques Sternberg. Je ne connaissais pas cet auteur, je l'ai découvert totalement par hasard dans une brocante de livres et, voyez-vous, je ne suis pas déçu!
     
    Pour la peine je vous fais par d'une des petites nouvelles de ce recueil...
     
     
    L'approche
     
         - Vous m'aimez donc vraiment? lui demanda-t-il.
         Elle hésita avant de répondre.
         Elle se maria avec un autre, eut un enfant, se lassa, divorça. Ensuite, elle se tourna vers lui.
         - Oui, répondit-elle, pourquoi?
     
     
    Et comme elle est vraiment courte, je vous en offre une autre. Je suis d'humeur généreuse, ce soir^^
     
     
    L'absence
     
         Il y avait trois ans que la femme toujours aimée lui avait été enlevée par la mort. Il ne s'en remettait pas. D'autant plus amer que sa situation matérielle n'avait jamais été aussi florissante.
         Il en arriva à larguer peu à peu, mais implacablement, toute envie de vivre et décida d'en finir en se jetant par la fenêtre de son appartement grand standing. Sans doute aurait-il choisi un autre moyen de suicide s'il n'avait pas habité si haut : 42ème étage d'une élégante tour de verre et d'acier.
         Il était 8 heures du matin quand il plongea dans le vide après avoir enjambé son balcon.
         C'est en passant devant une vaste baie vitrée du 30ème étage qu'il capta la vision magique d'une fragile et tendre blonde qui s'habillait pour aller au bureau. Et il sentit, en flash, la silencieuse explosion d'une fulgurante certitude : celle d'avoir croisé l'autre femme de sa vie.
     
     
    D'où le problème lorsqu'on se suicide par défenestration. Arrivé au quatrième ou au troisième étage, généralement on n'a plus envie de mourir ; mais on mourra tout de même. C'est pourquoi je préfèrerai quelque chose de plus rapide, de plus violent. Mais la question n'est pas là. Au quatrième de couverture on peut lire ceci : "Sternberg, singulièrement, plus il écrit bref, plus il en dit long." Les femmes sont le sujet de prédilection de cet ouvrage, à l'encontre de ceux plus volontiers traités par l'auteur, et "apparaissent ici en pleine gloire". La citation mise en exergue au début du livre illustre bien sa tonalité :
    "Si je préfère les femmes aux hommes, c'est parce qu'elles ont sur eux l'avantage d'être plus déséquilibrées, donc plus compliquées, plus perspicaces et plus cyniques, sans compter cette supériorité mystérieuse que confère un esclavage millénaire."
    E.M. Cioran, Aveux et anathèmes, 1987
     
     
    Pour vous offrir le dessert, je vous livre la plus courte des 80 nouvelles du recueil :
     
     
     
    La courtoisie
     
         Elle avait reçu une excellente éducation et le savoir-vivre lui était naturel.
         Quand, lasse de tout, elle se jeta dans le vide du haut du septième étage, elle eut le tact de refermer la fenêtre derrière elle pour ne pas faire de courant d'air dans la pièce où son mari lisait son journal.
     
     
    copyright Jacques Sternberg - Histoires à dormir sans vous ; Denoël, 1990.
    November 26

    Tiens, un billet inutile!

     
     
         Bon, je vois que mes chansons n'inspirent pas grand-monde... Si ça continue je n'en mettrai plus!
     
         Ah, ne dites rien, j'ai compris. Pour la prochaine, j'essaierai de choisir des thèmes plus universaux, voire plus enjoués. Genre les fleurs, le soleil, la poussière sur les cailloux et les petits oiseaux cuicui. Je prends en compte. Comme dirait l'autre, j'entends ceux qui me laissent des commentaires, mais j'entends aussi ceux qui ne m'en laissent pas. A croire qu'il a fait des études. Enfin bref, on n'est pas là pour discuter politique.
     
     
        Ma liste de "Livres en cours" est difficile à tenir à jour, étant donné que j'ai un rythme de lecture assez spasmodique. Je peux rester trois semaines (voire plus!) sur un seul et unique bouquin, tout comme je peux m'en enfiler cinq en deux jours (ne vous affolez pas de ce chiffre : je le concède, il y a des mangas dans le tas^^). Par exemple, rien qu'aujourd'hui, j'ai lu deux Hideshi Hino (Panorama de l'Enfer et Serpent Rouge) et j'ai fini Helmet Boy, de Mark Maggiori (les fans de Pleymo connaissent ce nom : je leur passe le bonsoir^^)! Hier j'ai lu deux Vian : Elles se rendent pas comptent, et J'irai cracher sur vos tombes. Bien entendu des chefs-d'oeuvres, pour un admirateur comme moi...
     
    Hein?
    ...
    Quoi?
    ...
    Non, parlez plus fort, je n'entends pas.
    Aaah, mon mémoire? Les différents projets qu'on a à réaliser en groupe? Mmmh... Eh bien, comment dire... Pour ne froisser personne, je dirai que je laisse les idées mûrir, je peaufine mentalement mes divers travaux.
         Il faudrait également que j'apprenne mon texte, pour le court-métrage que nous allons tourner. Maintenant que nous tenons bien en main notre histoire, je peux vous la conter! Je sais que vous en mourez d'envie. Non, ne le niez pas, je le lis sur votre visage.
    Alors voilà.
    (euh, je vous présente peut-être le projet d'abord, non? J'en vois parmi vous des qui n'ont pas l'air au courant de quoi que je cause. D'où cette parenthèse.
         Nos cours d'anglais se font en partenariat avec la NYU (prononcez [ènwaïyou], abréviation de New-York University, mais "in France", of course). Et le projet est de se mettre par groupes de 6 (dont les membres sont tirés au sort par la main innocente de notre chèèèèère professeure), dont la moitié est américaine, l'autre française (si vous comptez bien, ça donne un nombre entier). Chaque équipe a pour prétexte de collaboration la réalisation d'un court-métrage, dont elle choisit la teneur (et en tenant bien sûr compte de l'avis de nos cheeeers professeurs). Le thème est aussi libre qu'un pinson sur une branche un mois de mai, mais il est exigé de respecter des règles strictes : ne pas faire durer le film plus de 5 minutes (7 au grrrrand maximum), et que chacun parle la langue de l'autre. (J'ouvre une parenthèse dans la parenthèse (Harpie, tu suis?^^) pour apporter une petite précision. Nous avons visionné les réalisations des promos précédentes et, certes des idées étaient sincèrement bonnes, des acteurs étaient vraiment bons. Mais trop souvent la solution de facilité avait été préférée, à savoir les Américains jouant les Français, et inversement. Et nous voulions éviter cela le plus possible, estimant que la justification de l'utilisation de la langue étrangère pouvait se faire d'une manière différente. Nous en avons sérieusement discuté avec Roudoudou au tout début, et il avait proposé l'idée suivante (jaillie de son cerveau en ébullition) : une troupe de théâtre composée d'acteurs français, faisant appel à des metteurs en scène américains pour les aider à mettre en place une pièce de Shakespeare. L'utilisation des langues est justifiée, et au final il a réussi à placer son idée dans son groupe, ce qui donne un joyeux bordel. PS : j'ai hâte de voir ce que cela donnera! Fin de la parenthèse dans la parenthèse. (Qui elle-même est dans une parenthèse, mais passons sur ces futiles détails qui ne srvent qu'à embrouiller le lecteur de ce billet, qui doit déjà suffisamment l'être (embrouillé, pas dans une parenthèse, suivez un peu)))
     
         C'est amusant, somme toute! Je m'entends très bien avec mon groupe, je dois dire. Je vous avoue, travailler avec des Américains pur souche ne me tentait pas trop, les préjugés envers "ces gens-là" étant très forts. Mais on finit par s'y faire, et c'est une expérience fort enrichissante que de réaliser un projet en commun avec deux nationalités disposant de cultures assez différentes. Sans rire, mes appréhensions sont tombés avant la fin du premier cours, c'est vous dire.
         Bon, je crois avoir à peu près tout dit, il ne me reste plus qu'à refermer ma parenthèse et à vous raconter notre film)
     
     
         Nous sommes tombés d'accord sur un projet tenant du Vaudeville, mais multiplié par deux. A l'origine (j'insiste sur cette expression, mes collègues me comprendront^^) nous avions eu une idée qui multipliait par dix, mais nos cheeeers professeurs sont intervenus pour gentiment nous casser notre délire et nous montrer que ce ne serait pas réalisable en 5 minutes, l'intrigue étant trop complexe. Ravalons notre rage, camarades, au final ils avaient raison. Nous tenions une idée géniale (toute modestie mise à part), mais il nous aurait fallu une vingtaine de minutes pour en venir à bout. Et vingt minutes, c'est trop long. Nous avons donc remanié notre scénario, en gardant l'idée principale, de façon à le simplifier.
         Frustrés, nous nous disions que plus rien ne serait drôle, mais c'était sans compter sur la participation de 6 cerveaux bouillonnant d'idées toutes plus originales les unes que les autres^^
         Voici donc l'histoire. Régalez-vous. Et s'il y en a qui ont des remarques désobligeantes à faire, qu'ils aillent se faire foutre.
     
         Nous avons un couple d'Américains résidant en France, qui visiblement ne s'entendent plus trop bien. Tout part d'eux. Le mari ne parle que français, voulant s'immerger totalement dans la culture française (et chacun sait que la culture commence par la compréhension de la langue, merci à notre prof de sociologie!). Chacun de son côté s'arrange un rendez-vous via un site de rencontres, dans un café quelconque. Seulement, l'un comme l'autre ignorant les activités de son (sa) conjoint(e), ils se donnent rendez-vous comme par hasard à la même heure dans le même café.
         Nous nous retrouvons donc dans le café. Le mari arrive en premier, retrouvant son  rendez-vous(*) ; la femme arrive peu après, avec le sien. Fond sonore : un guitariste américain éperdu de la serveuse française, qui ne comprend pas un mot d'anglais. (Si vous comptez bien, nous en sommes à 6 personnages : le compte y est. Nous pouvons commencer)
     
    Distribution :
    Le mari : P. (Américain)
    La femme : M. (Française)
    Le rendez-vous du mari : E. (Américaine)
    Le rendez-vous de la femme : JR, votre serviteur (Français)
    La serveuse : A. (Américaine)
    Le guitariste : D. (Français)
     
         Ainsi, nous remplissons la part du marché : les Américains parlent français : le mari (qui veut passer pour un Français), le rendez-vous du mari (une charmante actrice parlant français avec un léger accent), et la serveuse (dans un bar français, mieux vaut parler la langue vernaculaire) ; et les Français parlent anglais : la femme (qui revendique le fait d'être américaine), le rendez-vous de la femme (elle n'en peut plus d'avoir un mari qui se borne à parler français, il lui faut un anglophone), et le guitariste (célèbre dans une contrée qui n'est pas la nôtre, ne parle qu'anglais).
         Vous suivez toujours? Je me laisse emporter et ne structure pas énormément. Bah, tant pis pour vous. On continue.
         La première scène se passe en extérieur. Nous voyons le couple mari-femme, P. et M.. Elle apporte une baguette et un sachet provenant d'un MacDo quelconque. Elle tend la baguette à son mari, qui s'offusque qu'elle puisse manger MacDo en France. Elle est énervée de l'entendre parler constamment français, et lui répond froidement que, quelque effort qu'il fasse, il ne pourra jamais passer pour un Français. Ils prétextent ensuite chacun avoir du boulot ; ils sortent leurs laptops(**). L'un s'ouvre sur Excel, l'autre sur Word ; ils se tournent le dos et passent rapidement sur un site de rencontres, afin de poster une annonce.
    (ellipse)
         Après l'ellipse, nous nous retrouvons dans le café. D., le guitariste, chante (bien, au début), plus pour la serveuse que pour le public ; cette dernière lui propose un rafraîchissement (en gros, tout ce qui pourrait le faire s'arrêter de chanter). P. (le mari) arrive, reconnaît son rendez-vous, la charmante E. : ils vont s'asseoir. D. continue à chanter, après un petit verre. (Note : il chante presqu'exclusivement des chansons d'amour, en regardant intensément A., la serveuse.)
         La femme et son rendez-vous ne tardent pas : on les voit devant le café, commentant l'endroit.
    La caméra repasse à l'intérieur, on voit le mari et son rendez-vous. P. s'invente un métier, prof de muscu, et E. semble particulièrement intéressée et aguicheuse. Elle se dévoile : elle est actrice! Surprise que P. n'ait vu aucun de ses films, elle sort son ordinateur portable pour lui montrer des extraits de son dernier tournage : Ma Tour Eiffel. P., s'imaginant voir un film touristique sur Paris, s'installe tout à côté d'elle.
    (n'oubliez pas le guitariste! Il est de plus en plus ridicule à mesure qu'il vide ses verres, apportés par la douce A.)
         Parallèlement, M. et JR (c'est moi) se trouvent au comptoir ; ils discutent. Mais visiblement, JR a l'air assez étrange, un peu weird comme on dit là-bas. Saoulée avant d'avoir bu, M. commande une vodka à la serveuse.
         Puis nous revoyons P., visiblement choqué par la vidéo... L'actrice, très professionnelle, indique que ça, c'est vraiment pas facile. P. s'excuse, bredouille, il doit aller aux toilettes. Mais en se levant, horreur (enfin, façon de parler), il aperçoit M., sa femme. Il se rasseoit, vivement pique le boa de la charmante actrice et se l'enroule autour de la tête. Mine de rien, elle a l'air intéressée;-)
         Entre-temps, M. n'en peut plus avec son rendez-vous. Plusieurs verres vides jonchent la table, et ce n'est pas JR qui les a bu. Elle se lève, finit un dernier verre plus rapidement qu'elle ne devrait et s'en va. JR, toujours aussi weird et persuadé d'avoir une chance, est tout content du moment qu'il vient de passer.
    Peu après, P. s'en va aussi, troublé, et souhaitant bonne chance à E. pour "sa carrière".
         JR se lève, toujours content, et voit la charmante E., seule à une table. Persuadé de la connaître, il l'aborde. Ele ne parle pas anglais, mais il l'a vue dans tous ses films et, enthousiaste, lui demande un autographe. JR doublement content de sa soirée^^
         Nous revoyons le guitariste qui annonce solennellement à la serveuse que, un jour, il saura assez de français pour lui déclarer sa flamme. Il se fait virer, parce qu'il chante quand même faux depuis quelques bières. En aparté, la serveuse est soulagée qu'il ne se soit pas rendu compte qu'elle comprenait parfaitement bien l'anglais.
     
     
         En voilà un beau film, n'est-il pas? Bon d'accord, on fait l'apologie du sexe et de la boisson (je vous ai donné une version assez soft, le rendu sera un peu plus explicite^^), mais le principal est de faire rire. Si on réussit réellement à faire ce qu'on souhaite, ce sera quelque chose d'énorme.
     
         Je me rends compte que je me suis peut-être suffisamment répandu pour ce soir. Mes amis (et aussi ceux que je ne connais pas), je vous souhaite une bonne nuit.
     
     
    (*)En français dans le texte (NDT)
    (**) ordinateurs portables, incultes!
    November 20

    On

     
    Une petite chanson qui me tient particulièrement à coeur, ceux qui savent comprendront aisément pourquoi...
     
         Signée Volo (eh oui, encore eux!) cette petite perle est bouleversifiante de simplicité et de beauté. Peut-être n'est-elle pas accessible à tout le monde, mais la coïncidence est trop importante pour que je passe à côté (voire pour que je prenne ça pour une coïncidence, mais nous discuterons du libre-arbitre une prochaine fois^^). Bref, tout ça pour dire que c'est rigolo quand même à quel point "on" peut se retrouver dans une chanson...
         Modestement intitulée "On", elle est tirée de l'album live Blancs Manteaux à Volo, qui est une pure merveille!
     
     
    Nota : mélancoliques invétérés, nostalgiques dépressifs ou coeurs d'artichaut fragiles, passez votre chemin...
     
    ON

    On n'avait pas prévu
    De se revoir aussi tôt
    Tu traversais la rue
    Je rentrais dans le métro
    J'ai tout de suite reconnu
    Reconnu ton manteau
    T'avais rien de prévu
    On a été se prendre un pot
    On n'avait pas prévu
    De s'embrasser aussi tôt
    En fait on n'a rien bu
    On s'est roulé des palots
    Comme on était foutu
    Comme il ne faisait pas beau
    Comme on était perdu
    Comme on était trop trop chaud
     
    On a fait l'amour comme avant
    Comme quand on n'avait pas peur
    On a fait l'amour comme quand
    On se connaissait par coeur
     
    On n'avait pas prévu
    De se revoir aussi tard
    T'as tout de suite reconnu
    Reconnu ma guitare
    D'abord on n'a pas pu
    On n'a pas pu y croire
    On était tout ému
    On était tout bizarre
    Depuis qu'on s'était vu
    Y'en a eu des histoires
    Toute une vie de vécue
    Des problèmes de mémoire
    Ce coup-là on a bu
    On a bu jusqu'au soir
    On s'est pas retenu
    On s'est pas dit au revoir
     
    On a fait l'amour comme avant
    Comme quand on n'avait pas peur
    On a fait l'amour comme quand
    On se connaissait par coeur
     
    On a fait l'amour comme avant
    Comme quand on n'avait pas peur
    On a fait l'amour comme quand
    On se connaissait par coeur
     
    Volo - On - Blancs Manteaux à Volo

    Edgar Poe

     
     
         Le vrai est qu'il est aussi impossible de concevoir l'esprit
    que d'imaginer ce qui n'est pas.
     
     
     
     
     
    Et c'est signé Monsieur Edgar Allan Poe.
     
    Du même auteur, et c'est rassurant :
     
     
     
     
     
    On a remarqué que tous les fous étaient philosophes
    et que tous les philosophes étaient fous.

    Y'a une fille qu'habite chez moi!

     
         Ordinairement, je dirais poliment que Benabar n'est pas ma tasse de thé, musicalement parlant. Mais je dois avouer que j'aime beaucoup cette chanson-ci! La musique n'est pas géniale (à mon goût) mais le texte est bien rigolo.
     
    A ceux qui ne la connaissent pas, je vous laisse le loisir de découvrir ses paroles...
     
     
    Y'a une fille qui habite chez moi
     
    Plusieurs indices m'ont mis la puce à l'oreille
    J'ouvre l'oeil
    J'vais faire une enquète pour en avoir le coeur net
    Ca m'inquiète
     
    Y'a des détails qui trompent pas
     
    Les draps, la couette et la taie d'oreiller
    Sont plus dépareillés
    A coté de mes fringues en boule
    Y'a des vêtements pliés et repassés
     
    Y'a des détails qui trompent pas
    J'crois qu'y a une fille qu'habite chez moi!
     
    Deux brosses à dents dans la salle de bain
    Du savon sans savon et le sèche-cheveux
    C'est certainement pas le mien
    Des petites boules bizarres
    Pour parfumer la baignoire
    C'est un vrai cauchemar :
    Quelqu'un a massacré tous mes amis cafards!
     
    Dans la cuisine des sachets de thé,
    De verveine, de camomille
    Un message sur le répondeur d'une mère
    Qu'est pas la mienne
    V'là qu'elle s'en prend à ma famille!
     
    Y'a des détails qui trompent pas
     
    Quelqu'un en traître a fait la vaiselle
    Où sont mes habitudes, mon ménage trimestriel?
    J'ouvre le frigo horreur, mais c'est d'la folie!
    Y'a plein de légumes!
    Aah, y'a même des fruits!!
     
    Y'a des détails qui trompent pas
    J'crois qu'ya une fille qu'habite chez moi!
     
    Où sont mes potes qui glandaient devant la télé
    Les boîtes de pizza, les paquets de chips éventrés
    Les mégots de cigarettes écrasés dans les assiettes
    Ma collection de Newlook? aux oubliettes!
     
    Dans la table de nuit y'a plus de capotes mais de l'aspirine
    Y'a une fille qu'habite chez moi
    Y'a aussi des bougies contre l'odeur de la nicotine
    Y'a une fille qu'habite chez moi!
     
    Y'a des détails qui trompent pas
     
    Y'a un vrai rideau y'a plus un drap cloué sur la fenêtre
    Qu'est ce que c'est que ça mon Dieu, mais c'est une plante verte!
    L'aspirateur est encore chaud
    C'est trop je porte plainte!
    Je vais l'emmener au labo
    Pour vérifier les empreintes
     
    On dirait que je suis plus célibataire
    La coupable je la tiens
    Elle est devant moi, l'étau se resserre
    Accrochée au téléphone assise en tailleur
    Dans une jolie robe à fleur
    Une fille me dit "Arrête ton cinéma
    Et le loyer je le paye autant que toi!"
     
    Benabar - Y'a une fille qui habite chez moi

    Dimanche soir

     
       Un petit billet pour souhaiter une bonne nuit, et ajouter à cela une touche d'optimisme (une fois n'est pas coutume^^)!
     
     
    Ayons confiance en la vie, elle réserve parfois de bien agréables surprises... Elle n'est pas facile tous les jours ni pour tout le monde, mais parfois je me dis qu'elle vaut le coup d'être vécue! Ce serait trop bête de se l'enlever pour trop peu, on ne ferait que se priver de tout ce qu'elle peut apporter de bon.
     
    La vie est aussi ce qu'on en fait, ce qu'on veut qu'elle soit... Mais c'est un réel combat, et tout ne vient pas toujours (voire jamais?) tout cru dans notre bec. Et même si ça vient tout cru, on a souvent envie de le faire cuire, de l'assaisonner... certains choississent même leur mode de cuisson préféré! Mais ce sont des esthètes, des gourmets de la vie. Bon, désolé pour la métaphore culinaire, mais pour une fois j'ai bien mangé (peut-être un peu trop?) et en bonne compagnie*, et ça change! Freud aurait des choses à me dire, mais parfois je suis content qu'il ne soit plus de ce monde et que je ne l'aie pas en face de moi : j'ai trop sommeil pour pouvoir comprendre ce qu'il aurait envie de me dire...
     
    Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit (car si vous avez bien lu le début, c'est l'origine du présent post) et de faire de beaux rêves! Essayer de les réaliser, pour voir... De toute façon, qu'avez-vous à perdre?
     
     
     
     
     
     
    Aujourd'hui, Radio Libertaire fêtait ses 25 ans... Bon anniversaire!
     
     
     
    * (ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit! Je n'ai pas exprimé le fait que pour une fois j'étais en agréable compagnie!)
    November 11

    Un peu de politique... (?)

     
    Entendue sur le morceau intitulé Le Trou du Roy (patelin de leur provenance, à ce qu'ils disent) des Malpolis, cette petite phrase que je ne peux m'empêcher de vous faire partager :
     
    Le rond-point est une véritable allégorie de la politique française! Réfléchissez. Vous entrez dans un rond-point, vous avez toujours l'impression de tourner à gauche, et vous finissez irrémédiablement par sortir à droite...
     
    Dans cette chanson il est question d'une autoroute qui traverse une nationale, direction Trou-du-Roy, sortie Trou-du-Roy ; et on ne peut pas se tromper : il y a un rond-point juste devant l'entrée de la ville. J'aime bien ce petit morceau qui sert un peu d'introduction, surtout qu'il n'y est absolument pas question de politique!
     
    Cette petite pique m'a bien sûr fait penser à Raymond Devos, qui trouvait lui que c'était l'accordéon (plus exactement quelque chose d'approchant dont j'ai oublié le nom) qui représentait le mieux "le jeu de l'alternance politique". Il disait ceci : "Quand on joue à droite, ça souffle à gauche ; et quand on joue à gauche, ça siffle à droite! Et au milieu, c'est du vent."
     
     
    Voilà!
     
    C'était la phrase du soir
     
     
    See ya, folks!
    (pourquoi j'parle anglais, moi?...)

    Conférence manga!^^

     
        Salut à vous!!!
     
        La conférence est (enfin) passée! Et tout c'est super bien déroulé! *happy face*
     
        Depuis quelques semaines qu'on bosse dessus, on avait mis toutes nos chances (presque) pour qu'elle fût une réussite, et nous n'avons pas été loin de la perfection je dois dire (oui, je sais, je nous envoie des fleurs^^). *auto-satisfaction*
     
        J'explique le topo pour celles et ceux qui débarqueraient : suite au vernissage d'une expo sur le phénomène du manga organisée à la médithèque Louis-Aragon à Bagneux, j'ai rencontré Fabien Tillon. Fabien Tillon est (entre autres) journaliste et critique de bandes dessinées, travaille pour Phosphore et BoDoï, et s'intéresse de près aux mangas, après avoir été emprisonné en 1983 dans une cave au Pakistan (eh oui, il fallait bien faire quelque chose pour s'occuper). Il a donc récemment publié un ouvrage intitulé Culture Manga aux éditions Nouveau Monde. Tout ça pour dire que l'exposition de Bagneux (ne cherchez plus, elle s'est terminée officiellement le 4 novembre dernier) reprenait quelques doubles pages de son ouvrage. Il était donc présent au vernissage, ainsi que d'autres gens tout aussi passionnants tels que Mme le Maire de Bagneux, le directeur éditorial de Nouveau Monde et Tcétéra (qui avait finalement pu venir malgré les embouteillages).
     
        Après avoir réussi à l'alpaguer (Fabien Tillon, pas Tcétéra) et à lui tenir littéralement la jambe, nous avons discuté quelques minutes ; suffisamment pour qu'il m'offre sa carte (perso) et que l'on convienne que je l'appellerai bientôt. Qui fut dit fut fait, nous fixons un rendez-vous pour quelques jours plus tard. Ici est né une idée de génie, du brillant cerveau de notre maître spirituel à tous ici présent, j'ai nommé M. Fabien Tillon : pourquoi ne pas organiser une conférence sur son thème de prédilection à notre IUT bien aimé, en la faisant passer pour une animation réalisée par l'AMéLi*?...
     
        Eh bien laissez-moi vous dire les amis que l'organisation n'est pas chose aisée^^ Il était initialement prévu que Fabien (eh, je l'appelle par son prénom et nous nous tutoyons à présent) discute avec quelqu'un du métier, mais il n'en fut rien : aucune réponse aux mails (courriels, pardon), et trop peu de temps pour relancer par téléphone. Il a donc fait un show en solo, mais ce qui ne l'a pas dérangé heureusement.
     
    L'organisation de cette conférence (le tout bénévolement et complètement en parallèle de nos cours) fut très formatrice du point de vue professionnel, je dois avouer. Les erreurs permettent d'apprendre, et maintenant nous avons pu constater à quel point il était important de soigner ses opérations de communication (cours qui manque cruellement à notre cursus mais baste, passons, nous ne sommes pas là pour descendre notre filière après tout : je vous raconte une bonne nouvelle). Après ne pas avoir démarché les différentes options du département Information-Communication, nous avons remarqué que pas un n'était venu : juste des affiches, c'est trop peu. Et puis nous avons fait avec les moyens du bord : donc la chef de filière est arrivé la veille de la conférence en nous disant que nos affiches étaient faibles et qu'en gros on pouvait se les mettre dans le fondement (comme dirait Fabien), que personne ne viendrait. Nous avons quand même réussi à réunir (certains de nos agents sont même allés jusqu'à la prostitution!) une petite cinquantaine de personne (inutile de gonfler les chiffres de toute façon, cela ne présenterait aucun intérêt). Ce qui, pour une première, n'est pas rien!, vous en conviendrez. Comme dit notre cher vice-président : "pour un premier coup, c'est un coup de maître".
     
        Les présents furent ravis! Majoritairement les Métiers du Livre étaient, mais des extérieurs (au nombre exceptionnellement ahurissant de 3) étaient également : un Informatique, et deux personnes que, bien qu'étrangères à l'IUT, nous affectionnons. Ah oui ; y'avait une prof, aussi (mais bon on s'en fout). Fabien fut porté par son sujet, comme toujours (ce qui est plus mélioratif que péjoratif, dans ce contexte!), le public au début intimidé réagit rapidement face à l'exubérante personnalité de l'intervenant, et le tout s'est ma foi fort bien enchaîné! Je pourrais dire sans me vanter que c'était vraiment drôlement bien, et même que le bilan est fort positif. Nous avons prouvé qu'AMéLi était forte, et qu'on pouvait en faire, des choses! La prochaine intègrera sûrement la rédactrice en chef de Livre Hebdo, ce qui pourrait ne pas être mal...
     
    A bon entendeur... je vous souhaite une bonne nuit.
     
     
     
     
    *Association des étudiants en Métiers du Livre. Fondée en 2005 par ce qui était alors les 2ème année, ces derniers l'ont rapidement refilée aux 1ère année (donc nous) en disant "Voilà, on a créé une assoc' parce qu'on nous l'a demandé mais on sait pas comment qu'on fait, on vous la confie prenez-en soin : nous on va en stage et après on revient plus, allez salut!" Et ils sont partis. AMéLi (les étudiants en Métiers du Livre et du Patrimoine sont affectueusement surnommés les "Mélis") a donc eu du mal à recruter ses premiers adhérents, mais on sent chez les 1ère année d'aujourd'hui une certaine motivation, et nous avons réussi je pense à leur montrer qu'une assoc' étudiante peut organiser des choses fort intéressantes quand on s'en donne la peine.
     
    PS : Vous allez rire, je parle en son nom mais je ne fais même pas encore partie de cette association^^ Et pourtant, la présidente m'a proposé le poste d'organisateur, rien que ça!
    November 08

    Question de voyage...

     
     
         Avez-vous remarqué comme ces espaces dits "persos" peuvent être déprimants? Certaines personnes vous agressent avec leurs photos de voyages! Au choix, et en vrac : Turquie, Mexique, Thaïlande, Indonésie, sud du Nicaragua, Groënland, Japon, Turkménistan, Chine, j'en passe et sûrement des meilleures... J'ai l'air malin moi maintenant avec mon reportage photo minable sur la Normandie, Briouze, Granville et tout ça! *soupir désespéré*
         Pourquoi est-ce que eux ils vont dans des pays exotiques, aux destinations de rêves et visitent des sites intéressants (généralement hors des chemins touristiques habituels, bien entendu), tout en s'entourant de paysages magnifiques?... Et puis les réflexions du genre "oh là là depuis que je suis rentré(e*) je me sens pas bien, le "retour à la réalité" est trop dur, je souffre du décalage horaire et tout ça tout ça." Que voulez-vous répondre à ça? Ben si t'es tellement mal d'être revenu(e*), il fallait pas partir, tout simplement! Oui, j'ai conscience que mes paroles sont celles de quelqu'un de jaloux. Moi aussi j'aimerais m'envoler vers des contrées lointaines, voir de nouveaux paysages, de nouveaux gens et revenir tout bronzé...! Moi aussi je veux reviendre à la "triste et dure réalite" (Genre quand on part c'est comme dans un rêve... Mais que ce soit ici où à 10 000km, la réalité reste la même! Elle est juste différente, voilà tout.) Je ne perds pas de vue mes projets de voyages, mais pour le moment ils restent irréalisables. Je me contente de faire avec le radieux climat parisien! AAARRGHH!!! Je veux partir! Je veux voir à quoi ressemble la Lune à 12 000 bornes d'ici, je veux voir tourner l'eau à contresens en Australie!!!
     
     
    Voilà, c'était pour le coup de gueule du soir!!!
     
     
     
     
    *oui, les filles partent aussi en voyage. Elles sont bien sûr incluses dans le "eux", la masculin l'emportant grammaticalement sur le féminin (ne voyez aucun sexisme de ma part!)

    Un peu d'Os à Moelle

     
     
    MODELE DE LETTRE A ECRIRE POUR NE RIEN DIRE.
     
     
         Monsieur (ou) Madame,
     
         Je me fais un devoir de vous écrire ces quelques mots qui, je l'espère, vous trouveront de même. Je souhaite que votre état de santé corresponde au désir que vous devez certainement avoir de le voir se maintenir de façon satisfaisante, et puis vous informer que, de mon côté, c'est identique.
     
         La situation est inchangée depuis les changements dont je n'ai pas cru devoir vous informer, étant donné que ça n'aurait pas changé grand-chose à l'état de nos relations qui, j'en ai la ferme conviction, continueront à rester aussi communicatives que par le passé.
     
         J'espère également que votre rhume des foins n'aura été qu'un feu de paille et que vos enfants sont plus que jamais dans la tradition familiale qui est de mise en vigueur depuis qu'elle existe.
     
         Rien d'autre de bien intéressant à vous communiquer pour l'instant.
     
         Dans l'espoir de vos nouvelles, je vous prie de me croire votre toujours dévoué,
     
    (signature)
     
    PS : Je n'ai rien d'autre à ajouter à ce qui précède.
     
     
    Connaissez-vous l'Os à Moelle? Ce merveilleux journal, fondé le vendredi 13 mai 1938 par un certain Pierre Dac, qualifié d' "organe officiel des Loufoques", reste une aventure unique dans l'histoire de la presse!
    Journal, donc information, mais à la sauce de l'équipe de Pierre Dac cela prend une tournure totalement originale^^ Le non-sens côtoie l'absurde dans un joyeux méli-mélo, et c'est aussi divertissant de lire quelques annonces de L'Os à Moelle que quelques Brèves de Comptoir;-)
     
    Bonne nuit à vous!
     
     
     
    Pendant ce temps, les transports parisiens sont encore en grève...    Tant pis, j'irai à pied!*
     
     
     
     
    * (lolllll Elle est bien bonne, celle-là!)
    November 05

    Retour de vacances...

     
          Et voilà! Me voici de retour de Briouze, terre des vaches et du bocage normand (et accessoirement berceau de mes racines maternelles^^)!Mine de rien, ces quelques jours à la campagne (il a fait beau!!!) ont fait pas mal de bien. Cela permet de penser à autre chose, d'admirer les arbres, les fleurs, les oiseaux et le petit soleil cuicui tout ça. (oui, j'avoue j'y suis allé en voiture : shame shame shame) Mais c'est plus pratique que le train! Et nouveauté : nous (ma soeur, son homme et leur fils de 2 ans & demi) sommes allés visiter Granville.
     
        Raph m'a dit mardi soir : "Et si demain on allait à Granville?". Bon ça ne s'est pas passé aussi rapidement que ça : à l'origine on souhaitait aller visiter un musée ou une quelconque curiosité régionale. Et puis comme Granville ce n'est pas si loin de Briouze (à peine une heure et demie de route quand c'est moi qui conduis) et que les curiosités briouzaines depuis le temps on en a fait le tour, ce fut sur ce choix que notre décision s'arrêta. Le lendemain, une fois debout et les volets ouverts (l'inverse est plus délicat à réaliser, bien que je m'y entraîne sérieuse et régulièrement), un soleil radieux pénétri l'intérieur de ma petite chambre... Quelle magnifique et splendide surprise (pour un 1er novembre normand)!! Nous voilà donc partis pour ce port venteux où les mouettes pourraient en découdre avec un molosse parisien qu'est Granville. La seule chose qui intéressait mon neveu étant bien entendu les bateaux, nous avons observé les bateaux. Oh, regarde, encore un, là! Un gros, tout bleu qui rentre dans le port! (- Où ça? Où ça?  -...Mais là, voyons, en face de toi!  -Où ça?  -*à deux doigts de la crise d'énervement*  -Et le gamin qui part à rire*). La vieille ville est très jolie, mais à part la rue Notre-Dame et la rue St-Jean, il n'y en a pas beaucoup d'autres, il faut dire (les connaisseurs de Granville me donneront raison). Ce qui est intéressant est que, la ville s'étalant surtout en longueur, la vieille ville est sur un isthme** et du coup on se prend le vent de quelque côté que l'on regarde! Trop fort. (et j'ai même réussi à pas attrapper d'angine! Mais le vent, ça casse, sérieux.) Féru d'architecture, le couple avec lequel j'étais a tenu à entrer dans l'église... Pour dire : ils sont ressorti dix minutes plus tard, avec une mine déçue.^^
     
        Bilan : vacances fort sympathiques, et mon grand-père va bien! Il continue à aller faire de menus travaux dans sa ferme (93 ans et toujours bon pied!), et espère qu'on se reverra pour la Noël (il me dit ça depuis deux ans à chaque fois que je vais le voir^^) Mais oui Papy on se reverra, vu que je reviendrai! Le secret de sa longévité : 100g de chocolat (au lait, et Côte d'Or, s'il vous plaît) et une dizaine de cigarettes par jour depuis quelques dizaines d'années... Imparable!lol
     
     
     
    * C'est vrai que les mômes c'est relou, autant quand il fait partie de ta famille tu le supportes plus, va savoir pourquoi...
    ** voir dictionnaire le plus proche ou, au pire, Wikipédia
    October 29

    Journée de brouillard

            Aujourd'hui nous sommes le 29 octobre. On est dimanche. L'année n'a pas d'importance. Dernier week-end d'octobre : implique le passage à l'heure d'hiver. Cette journée durera près de 25 heures... Une journée plus longue que les autres. Pourquoi faut-il que cela m'attriste? On est dimanche, profites-en! Je vais essayer. Je me suis levé assez tard, mais mon ordinateur m'intime de dérégler mon horloge interne, ainsi que celle de mon portable. Les deux seules horloges de l'appartement. Celles qui rythment ma vie. Seconde par seconde. Heure par heure. Jour après jour, mois après mois. Et bientôt année par année...
     
           Il y a du brouillard aujourd'hui. Une pluie fine et lente tombe doucement du ciel, se transformant en un voile d'humidité pénétrante, tel le brouillard. Il n'y a pas de brouillard, juste une apparence de légère brume. J'aurais bien aimé qu'il y ait du brouillard aujourd'hui. J'aime bien le brouillard. J'ai l'impression de me sentir dans mon élément. On n'a qu'une vague idée de se qui se passe, on essaie de deviner les contours de ce qui nous entoure... On marche, erre un peu au hasard. Et soudain, on voit deux lumières diffuses, devant, comme la lumière au bout du tunnel. On s'avance, comme hypnotisé. Un bruit de moteur nous rappelle que, lorsqu'on avance dans un tunnel à la recherche de la lumière bienveillante, on s'aperçoit qu'au final la seule à laquelle on peut s'attendre est celle des phares d'une locomotive lancée à pleine vitesse. Presque : c'est un bus. Merde. Pousse-toi. Voilà. Re-sur le trottoir. Nettement mieux. Et on repart à la chasse aux contours diffus. A chaque réverbère on s'attend à trouver un pendu, un corbeau perché sur son épaule. A chaque coin de rue on s'attend à voir surgir une bête fantastique, à l'allure presque humaine et qu'on a délogée de son poste d'observation rien qu'en s'approchant. Elle s'enfuit en courant, moitié claudiquant. Je ne parle pas de ces brouillards façon fumigènes, créés pour les besoins d'un film aux tendances glauques, mais bel et bien d'un vrai brouilard, presque opaque tant il est dense et profond. Cela a quelque chose de magique, je trouve. De fantastique, au sens littéral du terme. Et puis le brouillard a quelque chose de rassurant. C'est comme traverser une balle de coton, mais en moins serré et plus froid. Cependant on se sent bien, à l'aise comme dans un cocon. en un rien de temps le monde se transforme en quelque chose d'onirique.Plus il est dense plus il dure longtemps, mais plus aussi la lumière du soleil qui lui fera suite sera agréable.
     
             Je n'attends pas le soleil, mais le brouillard... Se fondre dedans, ne faire plus qu'un avec lui puisqu'on est lui. Devenir le brouillard. L'apprivoiser, afin de mieux s'orienter, de se sentir plus puissant face aux personnes qui s'en inquiètent, qui pestent parce qu'elles ne voient rien, qui se prennent le tibia dans un banc et repartent, claudiquant, sans s'être aperçu qu'une entité les observe. Certaines personnes manquent de poésie. D'émerveillement. Arrêtez-vous, tout simplement. Pas longtemps : juste deux minutes, ou même trente secondes. Trente secondes c'est déjà bien assez long, quand on prend le temps d'y penser. Et pendant cette demie-minute, interrogez-vous. Tiens, du brouillard. Comment s'est-il formé? Savoir que ce ne sont que de fines particules d'eau en suspension n'enlève rien à la beauté de la chose : le brouillard, c'est un nuage fatigué qui s'est posé sur la ville, afin de reposer ses ailes. Il repartira, ensuite. Ce serait trop bête de ne pas en profiter. L'expression "marcher la tête dans les nuages" prend tout son sens, n'est-ce pas? Pendant ces trente secondes, prenez conscience de l'expérience qui se produit. Encore une fois, prenez le temps d'y réfléchir. Réfléchissez-y, mais pas comme un miroir, sombre abruti. Et vous ne verrez plus le brouillard comme un désagrément. Reproduisez l'expérience. Pas forcément avec le brouillard. Avec ce que vous avez sous les yeux. Observez un moineau. Pendant les secondes durant lesquelles il s'est posé près de vous. Observez un escargot entreprenant l'ascension d'un arbre. (là ça peut prendre plus de temps, en revanche, mais vous commencez à prendre l'habitude maintenant, non?). Faites de votre quotidien une poésie. Vous serez moins tendu en arrivant au boulot. Et si vous êtes en retard, autant que cela en vaille la peine.

    Ce soir...

     
     
              Et voilà! Ce soir, c'est le grand soir. Encore. Pour la deuxième fois de l'année. Et pour près de la trentième année. Mais que veut-il donc nous dire? me demanderez-vous, pantelant et les yeux rivés sur votre écran, dévorant chacun des pixels composant les lettres de mes mots. Et si je vous répondais nonchalamment d'un "ben... rien." qui vous agacerait au plus haut point? Je me ferais lyncher, voilà. Tout simplement. La nouvelle si exaltante que je tenais à vous annoncer est la suivante : nous gagnons une heure de sommeil cette nuit! Donc pour moi cela fait une heure de veille en plus à perdre.
    On recule d'une heure, mais on gagne une heure. Donc, cette nuit, à 03h00, il sera 02h00. Mais à 02h00, il était déjà 02h00. Vous suivez? Donc il sera re-02h00. - = +. C'est compliqué, la vie.
     
     
    Si vous voulez rentrer dans les détails techniques, je vous propose un compte-rendu du Sénat, périmé depuis 1997, et dont la réponse à la question qui sert de titre est apparemment "non".
     
     
    Bonne lecture!

    La classe américaine!

     
     
       Coucou!
     
    C'est re-moi! Pour une info musique!! Trop chouette!!!
     
    Toujours à la pointe de la nouvelle scène rock française, Elisa vient de me faire découvrir un petit groupe de rock français, qui sévit sous le label Demain La Veille : j'ai nommé 10 rue d'la Madeleine!
    L'album est un peu cher, mais la magie d'internet m'a permis de recevoir un titre : La classe américaine.
    Perso j'aime beaucoup, mais c'est toujours le même schéma : un bon rock, teinté de ska et aux ascendances punk fortement prononcées. Sauf que là, il y a un je-ne-sais-quoi qui fait que ce groupe a la possibilité d'aller quelque part, à mon avis. (qui a dit "dans le mur"?)
     
    A défaut de musique, je vous livre donc les paroles copyrightées de La classe américaine, de 10 rue d'la Madeleine.
     
    On est toujours assis les yeux braqués sur les pixels
    Le cul en plomb, l'écran télé dans les prunelles
    Ya pas a dire jai la classe américaine
    Le cerveau grignoté à la sauce BarbieKen
    J'suis un morfale de l'image cathodique
    Ma culture s'arrête à celle quon me dicte
    Ouais ya pas à dire j'ai la classe américaine
    Toujours une bière dans le frigo, pour le reste ya Mac Do
     
    J'm'embrouille les doigts sur ma console Nintendo
    La grosse bagnole, des Guns, du sang et du porno
    Cette fois c'est bon, jai gagné ma journée
    Hier, au même niveau, je m'avais fait buté
    Tiens salope crache en l'air et prends ça dans la gueule
    J'arrose tout le monde, j'fais plus quun avec mon fauteuil
    Voici m'sieurs dames El desèsperado
    Faisais la place, il est chaud
     
    On est toujours assis les yeux braqués sur les pixels
    Le cul en plomb, l'écran télé dans les prunelles
    Dépossédé de conscience politique
    Depuis 81 mais c'est anecdotique
    Les coups d'gueule dans la rue me font bien marrer
    J'ouvre les f''nêtres et j'les regarde parader
    Dans mon peignoir j'ai la classe américaine
    Toujours une bière dans le frigo, pour le reste ya Mac Do
     
     
    10 Rue d'la Madeleine La classe américaine

    Samedi soir, 23h...

     
     
         Qu'est-ce qu'on séclate! Youpi...
     
    Non, je déconne. Je ne me plains pas, j'aurais pu choisir de sortir, aussi. Mais... non. Pas envie de sortir, pas envie de s'extraire de son cocon, pas envie que le temps passe. Pas envie que le temps soit passé, pas envie que le temps continuera à passer. Pas envie de bouger pour se changer les idées, puisqu'une fois qu'elles sont changées elles reviennent comme si de rien n'était. Pas envie de manger, encore moins celle de dormir. Pas de concentration plus de 5 minutes, donc pas envie de lire. Envie. Envie de quoi? Envie de rien. Envie de RIEN. C'est déjà quelque chose, me direz-vous. Si on dit "moins que rien", c'est que rien vaut déjà quelque chose. (je vous renvoie à Raymond Devos si l'explication de ce postulat vous intéresse.)
    Rien ne vaut vraiment pas grand-chose.
    Musique. Ecouter de la musique. Un peu de tout. Voilà. Tiens, une chanson triste. Changeons. Ah, celle-ci a une mélodie guillerette, on pourrait presque y croire! Mais non. Try again. ...Aaah, du punk, ça bouge, ça, ça déménage! ("mais pourquoi tu souris? y'a pas d'merveille ici, y'a que d'la haine et du sable alors on sourit"...) Non plus. Tiens, encore une chanson triste. Bon. Faut dire, avec ce que je lui donne à bouffer, à ma bibliothèque musicale, elle va avoir du mal à me donner quelque chose de joyeux. Si, le seul truc que j'ai, c'est Funky Town, de Lipps Inc. Ca vient de la BO de Shrek 2, c'est cool. Mais ça dure trois minutes.
    Quoi? Oui, c'est un billet de dépressif, et alors? Tu n'as qu'à pas continuer de lire, voilà tout.
    Ca va, mais je me sens bizarre. Et comme par hasard, c'est le moins bon qui l'emporte. Je me sens bien, mais désespéré à la fois. Sentiment curieux. Je ne crois pas me rappeler l'avoir déjà éprouvé. Tu me manques, je sais que tu ne vas pas bien, tu sais que je ne vais pas bien, mais nous savons aussi que c'était inéluctable. Tiens, Micropoint ; No choice, part 2. Il y a un arc-en-ciel. Quelque part. Derrière toi. Toujours face au soleil. Tu regardes vers l'astre du jour, mais il y a des nuages. En plus il fait nuit. Manquerait plus que la pluie! ...Et merde. Qu'est-ce qui m'a pris de proférer une telle chose? A chercher le soleil pour trouver l'arc-en-ciel, tu ne vois ni l'un ni l'autre.
    Faire confiance aux gens? Etre sympathique? ... Pour quoi faire? Toujours à pointer du doigt un endroit sensible, alors qu'ils racontent simplement leurs histoires. Mais elles font mal. J'ai mal. Tiens, j'ai envie de pleurer. Et comme par hasard, Volo se met à chanter. "Ca fait mal, mais c'est bon de pleurer par amour"... Je suis d'accord. Minuit approche. On sera bientôt demain. Un autre jour. Oui. Un autre jour. Semblable à la veille. Tout comme aujourd'hui. Tout comme les jours précédents. Et pendant encore un bon paquet de journées, à mon humble avis. Chercher le soleil. Vivre le jour afin de pouvoir enfin l'apercevoir. Effacer les nuages. Envoyer une énorme bourrasque, laver le ciel d'après la pluie. Et sentir cette odeur d'humidité s'échapper de la terre, du sol. Si on fait abstraction des gaz d'échappement, cela apaise. Cette odeur de pluie m'apaise. Me fait retrouver un certain calme intérieur. Comme les escargots.
    Voilà. J'ai repensé à l'odeur de la pluie, je me sens un peu mieux. Cool, je n'aurais pas à me jeter de mon balcon.
     
     
    (Je demanderais à ceux qui ont lu ce billet jusqu'au bout de ne pas me laisser de commentaire, si jamais l'envie vous en avait pris. J'avais besoin d'écrire cela ici, maintenant, mais je ne tiens pas à épiloguer.)
     
     
     
     
    Pendant ce temps, le petit Georges attend ses parents au stand de crêpes.
    October 26

    Hey, vous avez vu?

     
     
        Non mais vous avez vu l'heure???
     
    Il n'est même pas 07h30 du matin et je suis réveillé!!! Si si, vous avez bien lu. Ce qui ne signifie pas que je n'ai pas dormi de la nuit ; je me suis couché, j'ai dormi, et je me suis réveillé! Moi je dis, ça se fête!^^
     
    En plus les vacances approchent à grand pas... A 13h demain, soit dans moins de trente heures. (en plus je fais des maths!!! Je dois être malade...)
     
    J'étais dans la phase "certaines nuits, même le sommeil paraît fastidieux", mais aujourd'hui, non! J'espère que ça continuera comme ça^^
     
    Passez une bonne journée!
    October 25

    Qu'est-ce que ça va vite...

     
     
         Ca y est!
     
     
    Maintenant je sais : la vitesse de la lumière est très précisément de
     
    299 972,458 km.s-1 (ou km/s, pour les non-initiés).
     
     
     
    Vive les études!!!
     
    Maintenant je peux me coucher le coeur en paix...
    October 23

    Le dimanche est passé

     
     
            Je ne pourrais jamais m'amuser les dimanches,
    car je n'arrive pas à oublier que le lendemain j'ai école.

     

    Bill Watterson