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November 26 Tiens, un billet inutile! Bon, je vois que mes chansons n'inspirent pas grand-monde... Si ça continue je n'en mettrai plus!
Ah, ne dites rien, j'ai compris. Pour la prochaine, j'essaierai de choisir des thèmes plus universaux, voire plus enjoués. Genre les fleurs, le soleil, la poussière sur les cailloux et les petits oiseaux cuicui. Je prends en compte. Comme dirait l'autre, j'entends ceux qui me laissent des commentaires, mais j'entends aussi ceux qui ne m'en laissent pas.
Ma liste de "Livres en cours" est difficile à tenir à jour, étant donné que j'ai un rythme de lecture assez spasmodique. Je peux rester trois semaines (voire plus!) sur un seul et unique bouquin, tout comme je peux m'en enfiler cinq en deux jours (ne vous affolez pas de ce chiffre : je le concède, il y a des mangas dans le tas^^). Par exemple, rien qu'aujourd'hui, j'ai lu deux Hideshi Hino (Panorama de l'Enfer et Serpent Rouge) et j'ai fini Helmet Boy, de Mark Maggiori (les fans de Pleymo connaissent ce nom : je leur passe le bonsoir^^)! Hier j'ai lu deux Vian : Elles se rendent pas comptent, et J'irai cracher sur vos tombes. Bien entendu des chefs-d'oeuvres, pour un admirateur comme moi...
Hein?
...
Quoi?
...
Non, parlez plus fort, je n'entends pas.
Aaah, mon mémoire? Les différents projets qu'on a à réaliser en groupe? Mmmh... Eh bien, comment dire... Pour ne froisser personne, je dirai que je laisse les idées mûrir, je peaufine mentalement mes divers travaux.
Il faudrait également que j'apprenne mon texte, pour le court-métrage que nous allons tourner. Maintenant que nous tenons bien en main notre histoire, je peux vous la conter! Je sais que vous en mourez d'envie. Non, ne le niez pas, je le lis sur votre visage.
Alors voilà.
(euh, je vous présente peut-être le projet d'abord, non? J'en vois parmi vous des qui n'ont pas l'air au courant de quoi que je cause. D'où cette parenthèse.
Nos cours d'anglais se font en partenariat avec la NYU (prononcez [ènwaïyou], abréviation de New-York University, mais "in France", of course). Et le projet est de se mettre par groupes de 6 (dont les membres sont tirés au sort par la main innocente de notre chèèèèère professeure), dont la moitié est américaine, l'autre française (si vous comptez bien, ça donne un nombre entier). Chaque équipe a pour prétexte de collaboration la réalisation d'un court-métrage, dont elle choisit la teneur (et en tenant bien sûr compte de l'avis de nos cheeeers professeurs). Le thème est aussi libre qu'un pinson sur une branche un mois de mai, mais il est exigé de respecter des règles strictes : ne pas faire durer le film plus de 5 minutes (7 au grrrrand maximum), et que chacun parle la langue de l'autre. (J'ouvre une parenthèse dans la parenthèse (Harpie, tu suis?^^) pour apporter une petite précision. Nous avons visionné les réalisations des promos précédentes et, certes des idées étaient sincèrement bonnes, des acteurs étaient vraiment bons. Mais trop souvent la solution de facilité avait été préférée, à savoir les Américains jouant les Français, et inversement. Et nous voulions éviter cela le plus possible, estimant que la justification de l'utilisation de la langue étrangère pouvait se faire d'une manière différente. Nous en avons sérieusement discuté avec Roudoudou au tout début, et il avait proposé l'idée suivante (jaillie de son cerveau en ébullition) : une troupe de théâtre composée d'acteurs français, faisant appel à des metteurs en scène américains pour les aider à mettre en place une pièce de Shakespeare. L'utilisation des langues est justifiée, et au final il a réussi à placer son idée dans son groupe, ce qui donne un joyeux bordel. PS : j'ai hâte de voir ce que cela donnera! Fin de la parenthèse dans la parenthèse. (Qui elle-même est dans une parenthèse, mais passons sur ces futiles détails qui ne srvent qu'à embrouiller le lecteur de ce billet, qui doit déjà suffisamment l'être (embrouillé, pas dans une parenthèse, suivez un peu)))
C'est amusant, somme toute! Je m'entends très bien avec mon groupe, je dois dire. Je vous avoue, travailler avec des Américains pur souche ne me tentait pas trop, les préjugés envers "ces gens-là" étant très forts. Mais on finit par s'y faire, et c'est une expérience fort enrichissante que de réaliser un projet en commun avec deux nationalités disposant de cultures assez différentes. Sans rire, mes appréhensions sont tombés avant la fin du premier cours, c'est vous dire.
Bon, je crois avoir à peu près tout dit, il ne me reste plus qu'à refermer ma parenthèse et à vous raconter notre film)
Nous sommes tombés d'accord sur un projet tenant du Vaudeville, mais multiplié par deux. A l'origine (j'insiste sur cette expression, mes collègues me comprendront^^) nous avions eu une idée qui multipliait par dix, mais nos cheeeers professeurs sont intervenus pour gentiment nous casser notre délire et nous montrer que ce ne serait pas réalisable en 5 minutes, l'intrigue étant trop complexe. Ravalons notre rage, camarades, au final ils avaient raison. Nous tenions une idée géniale (toute modestie mise à part), mais il nous aurait fallu une vingtaine de minutes pour en venir à bout. Et vingt minutes, c'est trop long. Nous avons donc remanié notre scénario, en gardant l'idée principale, de façon à le simplifier.
Frustrés, nous nous disions que plus rien ne serait drôle, mais c'était sans compter sur la participation de 6 cerveaux bouillonnant d'idées toutes plus originales les unes que les autres^^
Voici donc l'histoire. Régalez-vous. Et s'il y en a qui ont des remarques désobligeantes à faire, qu'ils aillent se faire foutre.
Nous avons un couple d'Américains résidant en France, qui visiblement ne s'entendent plus trop bien. Tout part d'eux. Le mari ne parle que français, voulant s'immerger totalement dans la culture française (et chacun sait que la culture commence par la compréhension de la langue, merci à notre prof de sociologie!). Chacun de son côté s'arrange un rendez-vous via un site de rencontres, dans un café quelconque. Seulement, l'un comme l'autre ignorant les activités de son (sa) conjoint(e), ils se donnent rendez-vous comme par hasard à la même heure dans le même café.
Nous nous retrouvons donc dans le café. Le mari arrive en premier, retrouvant son rendez-vous(*) ; la femme arrive peu après, avec le sien. Fond sonore : un guitariste américain éperdu de la serveuse française, qui ne comprend pas un mot d'anglais. (Si vous comptez bien, nous en sommes à 6 personnages : le compte y est. Nous pouvons commencer)
Distribution :
Le mari : P. (Américain)
La femme : M. (Française)
Le rendez-vous du mari : E. (Américaine)
Le rendez-vous de la femme : JR, votre serviteur (Français)
La serveuse : A. (Américaine)
Le guitariste : D. (Français)
Ainsi, nous remplissons la part du marché : les Américains parlent français : le mari (qui veut passer pour un Français), le rendez-vous du mari (une charmante actrice parlant français avec un léger accent), et la serveuse (dans un bar français, mieux vaut parler la langue vernaculaire) ; et les Français parlent anglais : la femme (qui revendique le fait d'être américaine), le rendez-vous de la femme (elle n'en peut plus d'avoir un mari qui se borne à parler français, il lui faut un anglophone), et le guitariste (célèbre dans une contrée qui n'est pas la nôtre, ne parle qu'anglais).
Vous suivez toujours? Je me laisse emporter et ne structure pas énormément. Bah, tant pis pour vous. On continue.
La première scène se passe en extérieur. Nous voyons le couple mari-femme, P. et M.. Elle apporte une baguette et un sachet provenant d'un MacDo quelconque. Elle tend la baguette à son mari, qui s'offusque qu'elle puisse manger MacDo en France. Elle est énervée de l'entendre parler constamment français, et lui répond froidement que, quelque effort qu'il fasse, il ne pourra jamais passer pour un Français. Ils prétextent ensuite chacun avoir du boulot ; ils sortent leurs laptops(**). L'un s'ouvre sur Excel, l'autre sur Word ; ils se tournent le dos et passent rapidement sur un site de rencontres, afin de poster une annonce.
(ellipse)
Après l'ellipse, nous nous retrouvons dans le café. D., le guitariste, chante (bien, au début), plus pour la serveuse que pour le public ; cette dernière lui propose un rafraîchissement (en gros, tout ce qui pourrait le faire s'arrêter de chanter). P. (le mari) arrive, reconnaît son rendez-vous, la charmante E. : ils vont s'asseoir. D. continue à chanter, après un petit verre. (Note : il chante presqu'exclusivement des chansons d'amour, en regardant intensément A., la serveuse.)
La femme et son rendez-vous ne tardent pas : on les voit devant le café, commentant l'endroit.
La caméra repasse à l'intérieur, on voit le mari et son rendez-vous. P. s'invente un métier, prof de muscu, et E. semble particulièrement intéressée et aguicheuse. Elle se dévoile : elle est actrice! Surprise que P. n'ait vu aucun de ses films, elle sort son ordinateur portable pour lui montrer des extraits de son dernier tournage : Ma Tour Eiffel. P., s'imaginant voir un film touristique sur Paris, s'installe tout à côté d'elle.
(n'oubliez pas le guitariste! Il est de plus en plus ridicule à mesure qu'il vide ses verres, apportés par la douce A.)
Parallèlement, M. et JR (c'est moi) se trouvent au comptoir ; ils discutent. Mais visiblement, JR a l'air assez étrange, un peu weird comme on dit là-bas. Saoulée avant d'avoir bu, M. commande une vodka à la serveuse.
Puis nous revoyons P., visiblement choqué par la vidéo... L'actrice, très professionnelle, indique que ça, c'est vraiment pas facile. P. s'excuse, bredouille, il doit aller aux toilettes. Mais en se levant, horreur (enfin, façon de parler), il aperçoit M., sa femme. Il se rasseoit, vivement pique le boa de la charmante actrice et se l'enroule autour de la tête. Mine de rien, elle a l'air intéressée;-)
Entre-temps, M. n'en peut plus avec son rendez-vous. Plusieurs verres vides jonchent la table, et ce n'est pas JR qui les a bu. Elle se lève, finit un dernier verre plus rapidement qu'elle ne devrait et s'en va. JR, toujours aussi weird et persuadé d'avoir une chance, est tout content du moment qu'il vient de passer.
Peu après, P. s'en va aussi, troublé, et souhaitant bonne chance à E. pour "sa carrière".
JR se lève, toujours content, et voit la charmante E., seule à une table. Persuadé de la connaître, il l'aborde. Ele ne parle pas anglais, mais il l'a vue dans tous ses films et, enthousiaste, lui demande un autographe. JR doublement content de sa soirée^^
Nous revoyons le guitariste qui annonce solennellement à la serveuse que, un jour, il saura assez de français pour lui déclarer sa flamme. Il se fait virer, parce qu'il chante quand même faux depuis quelques bières. En aparté, la serveuse est soulagée qu'il ne se soit pas rendu compte qu'elle comprenait parfaitement bien l'anglais.
En voilà un beau film, n'est-il pas? Bon d'accord, on fait l'apologie du sexe et de la boisson (je vous ai donné une version assez soft, le rendu sera un peu plus explicite^^), mais le principal est de faire rire. Si on réussit réellement à faire ce qu'on souhaite, ce sera quelque chose d'énorme.
Je me rends compte que je me suis peut-être suffisamment répandu pour ce soir. Mes amis (et aussi ceux que je ne connais pas), je vous souhaite une bonne nuit.
(*)En français dans le texte (NDT)
(**) ordinateurs portables, incultes! Comments (4)
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